Cindy Pinchart

Chants Médecine

EP · 2025 · 6 titres

Je me souviens, je suis la flamme
Je suis la fille, je suis la femme
Je suis le cri qu’on a volé
Je suis la voix qu’on n’a pas tuée
Je suis la terre sous les pas
Je suis le ventre et le combat
Je suis le feu dans les saisons
Je suis la lignée, je suis le nom
Je me souviens, je suis la flamme
Je suis la fille, je suis la femme
Je suis le cri qu’on a volé
Je suis la voix qu’on n’a pas tuée
Je suis le sang dans la rivière
Je suis la peur devenue lumière
Je suis le corps qu’on a blessé
Et la tendresse à déposer
Je me souviens, je suis la flamme
Je suis la fille, je suis la femme
Je suis le cri qu’on a volé
Je suis la voix qu’on n’a pas tuée
Je suis la cendre, je suis le feu
Je suis la larme dans les yeux
Je suis la danse, je suis la peau
Je suis debout, je suis cadeau
Je me souviens, je suis la flamme
Je suis la fille, je suis la femme
Je suis le cri qu’on a volé
Je suis la voix qu’on n’a pas tuée
Je retire les peaux mortes,
Les rôles appris trop fort.
Je retire ce qu’on m’a dit d’être,
Ce qui m’éloigne de mon corps.
Je retire les armures de pierre,
Les sourires collés à la peur.
Je me tiens là, sans guerre,
Prête à rendre mes douleurs.
Je retire les chaînes anciennes,
Les serments que je n’ai pas faits.
Je retire la honte lointaine,
Les silences gravés en secret.
Je retire le besoin de plaire,
Les devoirs cousus dans mes mains.
Je retire les traces amères
Des « sois sage » du matin.
Je dépose
Dans la terre, dans la chair.
Je dépose
Ce qui pèse, ce qui serre.
Je dépose
Et je me rends
À la femme que je suis vraiment.
Je retire la peur d’échouer,
Les masques tenus par fierté.
Je retire les « je vais bien »,
Ceux qui mentent au petit matin.
Je retire les couches d’oubli,
Les promesses faites par survie.
Je me tiens là, sans bruit,
Et je respire, et je dis : oui.
Je retire la peur d’aimer,
La peur d’être vue, d’exister.
Je retire les ombres figées,
Les mémoires à l’intérieur plantées.
Je retire l’idée d’être trop,
Ou pas assez pour être moi.
Je me rends au souffle chaud
De la femme que je vois.
Je dépose
Sans armure, sans détour.
Je dépose
Et je m’ouvre à l’Amour.
Je dépose
Et je me rends
À la femme que je suis maintenant.
Je rends les voix, je rends les lois,
Je rends les peurs, je rends les croix.
Je rends les cris, je rends la nuit,
Je rends la honte, et l’oubli.
Je dépose et je m’incline.
Je dépose et je m’aligne.
Je dépose et je reviens
Femme entière, corps souverain.
Je me rends. Je me rends. Je redeviens. Je nais. Je suis. Femme.
Je reviens. Je me tiens. Je me nomme.
Je reviens. Je me lève. Je résonne.
Je reviens. Entière, en flammes, en femme.
Je reviens. Et je reprends mon âme.
Rends-moi les noms qu’on m’a volés,
Mes terres, mes chants, mes vérités.
Rends-moi les cris qu’on a étouffés,
Mes danses brûlées, mes élans bâillonnés.
Je reviens. Je me tiens. Je me nomme.
Je reviens. Je me lève. Je résonne.
Je reviens. Entière, en flammes, en femme.
Je reviens. Et je reprends mon âme.
Je suis celle qu’on n’attendait pas,
Celle qui ne demande plus.
Celle qui revient, fière, déliée,
Même fendue, même rejetée.
Je reviens. Je me tiens. Je me nomme.
Je reviens. Je me lève. Je résonne.
Je reviens. Entière, en flammes, en femme.
Je reviens. Et je reprends mon âme.
Je marche avec les cendres de mes mères,
Le feu ancien dans mes artères.
Je dis ce qu’on m’a appris à taire,
Et j’ouvre les portes interdites aux prières.
Je reviens. Je me tiens. Je me nomme.
Je reviens. Je me lève. Je résonne.
Je reviens. Entière, en flammes, en femme.
Je reviens. Et je reprends mon âme.
Je n’ai plus besoin de hurler.
Mon silence aussi peut libérer.
Chaque battement dit qui je suis :
Je n’ai plus rien à prouver. Je suis.
Je reviens. Je me tiens. Je me nomme.
Je reviens. Je me lève. Je résonne.
Je reviens. Entière, en flammes, en femme.
Je reviens. Et je reprends mon âme.
Elle est tombée mille fois.
Et chaque fois, elle s’est tue.
Elle a brûlé ses propres pas
Sur les routes jamais reconnues.
Elle a saigné sans le dire,
Sourit quand tout s’effondrait.
Et dans le silence du pire,
Une voix en elle chantait :
Elle brûle…
Elle brûle encore.
Elle tremble…
Mais elle tient le corps.
Elle tombe…
Et puis elle mord.
Elle pleure…
Mais elle brûle encore.
Ils ont cru qu’elle s’était tue,
Qu’il ne restait que des ruines.
Mais dans ses cendres, absolues,
Palpite encore une racine.
Ce qu’on croyait réduit à rien,
S’anime, respire et crie.
Car ce qui renaît dans ses mains
Est forgé dans l’incendie.
Elle brûle…
Elle brûle encore.
Elle tremble…
Mais elle embrase son corps.
Elle crie…
Et sa voix transperce l’or.
Elle meurt…
Mais elle brûle encore.
Feu dans le ventre,
Feu dans la gorge,
Feu dans les mains,
Feu dans les entrailles.
De la mémoire, du cri, du corps,
Elle renaît. Elle brûle encore.
Elle se lève. Elle est debout.
Elle est femme. Et c’est beaucoup.
Elle brûle… Elle brûle encore.
Et de sa flamme elle guérit son corps.
Elle brûle… Elle brûle encore.
Elle est vivante. Et c’est plus fort.
J’ai longtemps couru
vers des bras fermés,
cherché des preuves d’amour
dans des regards baissés.
J’ai cru qu’aimer,
c’était me taire pour rester,
rentrer dans les cases
pour ne pas déranger.
J’ai appris à me tordre
pour entrer dans leurs silences,
j’ai maquillé mes absences
en faux éclats de confiance.
Je me choisis, je me ramasse,
à la pelle, à la rage, à la grâce.
Je suis femme, je suis feu,
je me donne ce que j’attendais d’eux.
J’ai vidé mes larmes dans la boue, dans la mer,
hurler sous la lune m’a rendue fière.
J’ai pris ma peine à bras-le-corps,
et j’en ai fait un chant, un trésor.
Je me choisis, je me couronne,
pas avec de l’or, mais avec mes cicatrices.
Je suis temple, je suis voix,
je suis celle qui trace sa voie.
Je ne mendie plus d’être aimée.
Je suis la renaissance que j’ai décidée.
Je suis celle qui s’ouvre, pleine et entière,
à la force brute de sa lumière.
J’ai glissé sans lumière,
j’ai touché mes entrailles.
Et c’est là, dans le noir,
que j’ai repris bataille.
J’ai gratté la poussière,
j’ai léché mes plaies.
J’ai senti la honte,
j’ai tenu, j’ai saigné.
J’ai mordu dans la nuit
pour ne pas disparaître,
j’ai serré mes poings nus
jusqu’à faire trembler la terre.
Je me choisis, je me ramasse,
à la pelle, à la rage, à la grâce.
Je suis femme, je suis feu,
je me donne ce que j’attendais d’eux.
Et sous les ruines,
y’avait encore moi.
Pas parfaite,
mais vivante.
Et c’était déjà ça.
J’ai levé les yeux,
même pleins de poussière.
Et dans le reflet,
j’ai vu une lumière.
Elle venait de loin,
mais elle venait de moi.
Et pour la première fois…
je n’ai pas eu froid.
Je suis celle qui revient à soi…
Je suis celle qui revient à soi…
Je suis celle qui revient à soi…
Et cette fois, je reste là.
Je me pose dans mes racines,
je m’étends dans ma mémoire.
Je redeviens ma propre terre,
mon feu, mon souffle, mon miroir.
Et j’irai voir la mer,
Retrouver sa lumière,
Sentir au creux de l’âme
Le murmure de ma flamme.
J’irai là où ça danse,
Où les vagues ont du sens,
Là où le sel du vent
Me ramène à l’instant.
Et j’irai,
Nue sous la pluie des marées,
Offrir mon ventre au vent sacré,
Reboire à ma vérité.
Et j’irai,
Femme de lune et de feu,
Les hanches pleines de vœux,
Redessiner les cieux.
Et j’irai dans mes eaux,
Écouter mes sanglots,
Caresser mes silences,
Honorer mes absences.
Chaque mue, chaque douleur,
Est un temple, est une fleur,
Je n’ai plus peur de moi,
Je m’habite sans faux pas.
Je suis la vague,
Je suis la mer,
Je suis la mère,
Et la lumière.
Je suis l’écume,
Je suis le cri,
Le sang, la brume,
Et l’infini.
Et j’irai…
Reprendre souffle dans la mer,
Habiter chaque mystère,
Et ne plus rien taire.
Et j’irai…
Femme debout dans la nuit,
Le cœur lavé du bruit,
Et le corps qui luit.